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Bouées de naufrage

Dimanche 8 novembre 2009 7 08 11 2009 14:50
VOUS ETES NOCIFS

Arrêtez de vous fréquenter. Arrêtez de vous parler. Vous pensez être et avoir un soutien. Mais il ne s'agit que de la concrétisation de vos obsessions : chaque regard craint est un de ces blogs virtuels, chaque kcalorie de trop est un de ces articles glauques, chaque douleur meurtrière est un de ces commentaires factices. ARRETEZ VOUS.

Tout comme vous voyez dans vos troubles alimentaires l'apaisement d'une douleur plus profonde, vous voyez dans ces contacts le soutien retrouvé d'un entourage perdu. VOUS VOUS TROMPEZ.

En étant le soulagement de l'un, vous êtes le poison de l'autre. Chaque inspiration de paix dans les mots d'une d'entre vous est l'expiration du dernier souffle d'espoir d'une autre.

VOUS ETES NOCIFS, vous comprenez ?

Le gouvernement fait mal son travail : on devrait toutes être censurées.

Lâchez vos claviers et vos illusions de liberté, lâchez votre littérature virtuelle et vos impressions de compréhension.

Lâchez tout. Une fille assez forte pour se faire vomir, une fille assez déterminée pour jeuner, cette fille là est assez forte pour se rendre compte de la connerie dans laquelle elle s'enferme.

Cette fille là comprend l'impact négatif de ces pseudo-épaules sur lesquelles on va chialer.

VOUS ETES FORTES DANS VOTRE MISERICORDE.

VOUS SEREZ PARFAITES DANS VOTRE BONHEUR.

Quand comprendrez vous enfin que vous ne faîtes que vous tirer vers le bas.


Parce qu'une fois heureux, il arrive d'oublier la maladie. Il arrive d'oublier les kcalories. Il arrive d'oublier toute cette merde dans laquelle on s'est enfermé. Dans laquelle on nous a poussé, certes; mais dans laquelle on s'est enfermé.



VOUS ETES NOCIFS.
Vous voulez du bien à vos soeurs virtuelles ? Et bien disparaissez de leur vie.
Vos hauts sont les leurs, vos bas également. Réagissez.



Une ennemie qui vous veut du bien.
Par Witness - Publié dans : My way to heaven...
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Mercredi 30 septembre 2009 3 30 09 2009 12:33
Vous saviez que si vous vous mordez assez fort, de quoi avoir un bleu marqué pendant deux semaines, la peau brunie meurt, pèle et laisse place à une peau de bébé ?
Par Witness
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Vendredi 25 septembre 2009 5 25 09 2009 01:08
Je suis fatiguée. Je suis réellement fatiguée de l'anorexie et de la boulimie.

Non, pas de la mienne.
Non, des deux en général.
Des deux qui font dire n'importe quoi, qui font faire n'importe quoi.

Elles ne suscitent ni rage, ni incompréhension, ni compassion. Ces deux connes m'exaspèrent, ni plus, ni moins.

Je suis fatiguée de la concurrence mutilatoire de toutes ces dégénérées que nous sommes.
Je suis fatiguée de coter en bourse nos jours de jeûne  et nos fréquences de vomi.
Je suis fatiguée de déchiffrer des mots crus, tristes, froids, insensibles que je ne peux m'empêcher d''utiliser.
Je suis fatiguée de vous. Non pas tous. Du vous général, du concept. Du vous anorexiques boulimiques.

Il en est quelques un qui n'en font pas partie.  Car certains sont tellement plus que ces maladies, que ces mots, que ces blessures.

Pour tous les autres,  et pour tout de moi même qui se rattache à ces conneries jubilatoires que sont de façon passagères la boulimie et le jeûne, oui pour tout ça, je me déclare simplement fatiguée.


Une douce âm(n)e a dit sentir un soulagement. Elle a bien raison. Car que c'est bon, de sentir  tous ses muscles lâcher prises. Qu'elle est ennivrante, cette fatigue qui me fait lacher peu à peu toute emprise. Qu'il est bon d'être à bout de force, au point même de ne plus pouvoir se détester.


Qu'il est agréable de ne plus savoir penser.
Qu'il est agréable de revenir au stade primitif de nourrisson, sans avoir à décider de son alimentation, sans avoir à  organiser la douleur, sans avoir à hiérarchiser les instruments de défense.


Je suis fatiguée.
Pour vous, les parfaits, sachez que je vous aime de la façon la plus pure qui soit.

Pour tous les autres. Continuez à me lire, vous venez de dépenser 58 kcal.
Par Witness
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Jeudi 24 septembre 2009 4 24 09 2009 23:41
Ma capacité stomacale a diminué.
Un concours de bouffe, et à peine un ancien gouter, et j'ai envie de vomir. Puis je me lève, et je vomis.

Je vous avais prévenu, que je ne pouvais pas aller chez vous. Je te l'avais dit à toi aussi. Tu as voulu que je vienne. Tu étais venu plusieurs fois, et tous deux endormis innocemment dans les bras l'un de l'autre.  Innocents. Tu as voulu que je vienne. Et voilà, ce qui devait arriver, ce que je craignais d'arriver, est arrivé. Que nos deux corps nus s'enlacent s'embrassent et s'enflamment. Finalement tu me demandes ce qu'on est. Qu'est-ce que j'en sais moi.

Tu, vous avez vu ce bleu sur mon poignet. Qu'est que c'est ? Qu'est-ce que j'en sais moi. Ah si, peut être que si on regarde bien, on distingue deux croissants de lune. Ah oui, c'est ça. Je me souviens. C'était il y a dix jours que j'ai trouvé une nouvelle façon de me mutiler. Ce qui est drôle, c'est que je pensais que, outre la douleur, ça ne me marquerait pas. Et voyez vous ça, la marque de ma propre morsure, de mes dents enfoncées dans mon propre poignet, sont toujours là, dix nuits plus tard. Et loin de s'effacer. En même temps, la douleur, j'en avais chialé. Tout en m'y reprenant à deux (dix) fois.

Les vacances. C'est drôle de me dire qu'en l'espace d'une nuit espagnole, je me sois enlacée, allumée avec trois garçons, moi qui ne suis pas tactile. C'est drole de me dire qu'en cinq nuits, j'embrassais, m'enflammais de cinq garçons différents. L'impression d'être revenu au bon temps où j'étais une pute. Mais je me fais plaisir, comme eux. Un(s) bon(s) verre(s). "un" se met au pluriel avec moi. Et puis laissons nous aller. Je savais que c'était necessaire, que ça avait assez duré, ce blocage. Me voilà débloquée.

Et ce dernier soir de vacances, à enlacer et embrasser ce garçon dans mon lit, tout en discutant pendant quatres heures, de 7h à 11h. Discuter avec cet inconnu en lui caressant le visage, pluôt que de me laisser aller trop loin. Que c'était agréable. Le revoir le lendemain. Discuter, s'embrasser, moins. Discuter. Discuter.

Dire que c'est quatre jours plus tard que je me retrouve avec toi. Ca fait un an et demi. Meilleur ami, dont je fuyais les baisers trop engageants. "Je ne peux pas". C'était y a un an que tu me demandais "tu m'embrasses ?" et que je te disais "je ne peux pas". Peu te voir car trop te toucher. Sans pour autant.... être avec toi. C'est quatre nuits après avoir été la tapin de barcelone que j'ai été la tienne....
Avec eux c'était facile, sans importance, sans lendemain (sauf.. lui), sans sexe.. Juste de la sensualité à l'état brut.

Et toi.
Je ne veux pas t'abuser, je crains que, tandis que tu vois en cet événement la concrétisation d'un an de respect mutuel et d'affection, je ne vois ça que comme le prolongement d'une sensualité qui a besoin de se débrider.

Et dix minutes à peine après t'avoir laissé, je dévorais déjà des yeux ce garçon, ce beau garçon qui lui aussi ne peut s'empêcher de me fixer.


Mais je ne te dirai pas tout ça.

Non, vous comprenez, je ne peux pas lui dire tout ça.

Je suis désolée.
Par Witness
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Lundi 7 septembre 2009 1 07 09 2009 04:04
Pfiou, l'été est parti. A peine arrivé, envolé. Pas assez de soirées, pas assez d'amis, pas assez de vie, pas assez d'amour. Pas assez. L'été est parti.
Je n'ai pas vomi. Je n'ai pas franchement jeuné. J'ai pleuré et j'ai ri, pas comme avant. J'ai toujours pleuré et ri.. Mais cette fois ci, c'était sans exces, sans folie.
Je l'écoute évoquer son anorexie, je l'interroge, j'ai des mots crus, elle ne sait pas pourquoi. Elle ne sait pas à quel point j'ai pu cotoyer ces mots là.. "c'est con l'anorexie". Brutal et sincère. C'est sorti comme ça. Elle s'est figée un instant, à peine perceptible. Puis, j'ai souri en disant un désolé amusé. Elle a souri aussi et elle m'a répondu que oui, que c'était con.
Vous savez, quelques gens réels, pas comme vous (désolée), quelques gens réels savent pour ma boulimie. Des garçons. Pas des filles. Des garçons. Je ne sais pas pourquoi. Je ne peux pas le dire à une fille. Peut être parce que je suis envieuse de toutes les filles sur terre ? Peut être parce que je suis jalouse ? Peut être parce que je sais qu'une femme est faite pour abattre une femme à terre ? Je ne sais pas. Alors je savais que là, j'aurai pu le dire, le lancer. J'aurai pu, mais en fait non, je ne pouvais pas. J'ai pas envie de le dire. C'est du passé, hein...

Et j'ai acheté un tankini pour la plage.. Vous ne savez pas ce que c'est ? Bande d'anorexiques..
Par Witness - Publié dans : Mes journées
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